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La maladie rénale

La MRC est un diagnostic biologique, les premiers signes cliniques de la maladie n’apparaissant que tardivement.

Qu’est-ce la maladie rénale chronique ?

La maladie rénale chronique désigne la diminution plus ou moins importante des fonctions des reins, quelle qu’en soit la cause. Les reins perdent leur capacité à filtrer correctement le sang de l’organisme.

Maladie silencieuse, la maladie rénale chronique reste longtemps asymptomatique. Les personnes atteintes de cette pathologie peuvent conserver un bon état général apparent malgré une fonction rénale très altérée, avec des reins fonctionnant de 10% à 20% de leur capacité normale.

En dessous d’un certain seuil de filtration des reins, la maladie rénale chronique (aussi appelée insuffisance rénale chronique) dont l’évolution naturelle est plus ou moins lente peut aller jusqu’à la perte totale de la fonction rénale. C’est l’insuffisance rénale chronique terminale, nécessitant un traitement de suppléance par dialyse et/ou greffe de rein. On estime aujourd’hui que 30% des dialyses sont débutées en urgence.

Il est possible de ralentir l’évolution de la maladie rénale chronique en la dépistant précocement et évitant ou en traitant tous les facteurs qui peuvent l’aggraver. Lorsqu’une maladie rénale est dépistée, quel que soit son stade, une prise en charge médicale adéquate permet d’en ralentir ou d’en stopper l’évolution et de retarder l’entrée des patients dans des traitements tels que la dialyse voire la greffe rénale. C’est pourquoi son dépistage a tout à gagner à l’implication coordonnée de tous les professionnels de santé.

Mémo sur le dépistage de la maladie rénale chronique

 1. Dépistage systématique des populations à risque : personnes âgées de plus de 60 ans, patients diabétiques ou hypertendus, atteints de pathologies cardiovasculaires, de maladies auto-immunes, ayant des antécédents d’insuffisance rénale ou sous médicaments néphrotoxiques).

      En cas de résultat anormal :

  • Refaire une analyse biologique après 3 mois

  • Si les résultats persistent sur 3 mois consécutifs :  -> maladie rénale chronique

 2. Dosage de la créatinine par méthode enzymatique IDMS :  Créatinémie par méthode traçable avec dilution isotopique en spectrométrie de masse (IDMS) en µmol/L).  Estimée plus fiable que la technique cinétique de Jaffé et moins sensible aux chromogènes​​

 3. Estimation du débit de filtration glomérulaire DFG par équation CKD-EPI :

A préférer à l’estimation de la clairance de créatinine (en mL/min). Si un résultat est anormal : renouveler l’analyse dans le mois suivant.

Classification des stades de maladie rénale :

  • DFG  normal ou augmenté :   ≥ 90 mL/min/1,73 m2  :  Maladie rénale chronique* stade 1

  • DFG  légèrement diminué : 60 à 89 mL/min/1,73 m2  : Maladie rénale chronique* stade 2

  • DFG 45 à 59 mL/min/1,73 m2  :  Insuffisance rénale chronique modérée stade 3A

  • DFG 30 à 44 mL/min/1,73 m2  : Insuffisance rénale chronique  modérée stade 3B

  • DFG 15 à 29 mL/min/1,73 m2  :  Insuffisance rénale chronique sévère : stade 4

  • DFG <15 mL/min/1,73 m2  :       Insuffisance rénale chronique terminale : stade 5

* persistant plus de trois mois avec marqueurs d’atteinte rénale

 4. Historique graphique du DFG permettant de suivre visuellement l’évolution de la fonction rénale

Visualisation des antériorités du DFG sous forme graphique

Mise en évidence d’une éventuelle dégradation de la fonction rénale

 5. Calcul du déclin du DFG (en mL/min/an)

Rendu du delta DFG (ml/min/an) exprimant la cinétique du DFG et la progressivité de la maladie

a) Déclin annuel physiologique : < 2 ml/min/1.73m2/an (observé après 40 ans)

b) Déclin annuel modéré : > 1 et < 5 ml/min/1,73m2/an

c) Déclin annuel rapide : > 5 ml/min/ 1.73m2/an

 6. Détermination du ration albumine/créatinine dans les urines. A demander une fois par an chez les patients à risque, en sus de la créatininémie. Altération de la fonction rénale si rapport >300 mg/g

Quels sont les causes de la maladie rénale chronique ?

L’hypertension artérielle et le diabète sont responsables de près d’un cas sur deux de maladie rénale chronique. Ces deux maladies sont responsables de lésions des petites artères qui détruisent les glomérules rénaux et altèrent le fonctionnement des reins. C’est pourquoi, il est important de dépister précocement la maladie rénale chez ces personnes car une prise en charge précoce en ralentit la progression.

Quelles sont les populations à surveiller ?

– Sujet de plus de 60 ans

– Patient atteint de diabète

– Patient atteint d’hypertension artérielle

– Personnes ayant des antécédents familiaux d’insuffisance rénale

De plus, les professionnels sont invités à dépister les personnes présentant les caractéristiques suivantes :

– Patient atteint d’une pathologie cardiovasculaire

– Patient atteint d’une maladie auto-immune

– Patient poly pathologique

– Patient atteint d’uropathie obstructive

– Patient polymédicamenté

– Sujet obèse (> 30 kg/m²)

Comment dépister une maladie rénale chronique ?

La maladie rénale chronique est un diagnostic biologique, déterminé par une estimation du DFG (débit de filtration glomérulaire du patient) et en sus par la détermination du ratio albumine/créatinine dans les urines chez les patients à risque.

La maladie rénale chronique est confirmée si les résultats persistent sur trois mois consécutifs.

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